An imperial cellar

Joséphine acquiert  le château de Malmaison à Rueil le 21 avril 1799, son époux Bonaparte étant alors en Égypte.

 

Plaques à pièces ou à barriques, fin XVIIIe, début XIXe siècle

Plaques à pièces ou à barriques, fin XVIIIe, début XIXe siècle (collection Musée du Vin)

Elle y fait aménager deux caves où l’on recensera, après son décès en 1814, 13286 bouteilles pleines.

Joséphine buvait très peu mais dépensait beaucoup. Elle adorait recevoir et soigner ses invités pour lesquels elle organisait de somptueux diners. Elle composait elle-même les menus et attachait une importance particulière  à l’originalité et à la qualité des desserts, ce qui explique sans doute que les vins liquoreux, très en vogue au XVIIIe siècle, représentent 16% des bouteilles abritées dans ses caves.

Pour l’essentiel, le vin rouge domine l’inventaire avec 45% de Bordeaux  contenus dans 12 barriques de 280 litres chacune et 2417 flacons provenant des propriétés les plus prestigieuses (Lafite, Haut Brion, Margaux, Latour…). Les vins de Bourgogne ne représentent que 3% du total. Pourtant chacun sait que Napoléon les préférait et qu’il buvait,

Étiquettes à bouteilles ou à carafons, fin XVIIIe, début XIXe siècle

Étiquettes à bouteilles ou à carafons, fin XVIIIe, début XIXe siècle (collection Musée du Vin)

modérément mais de façon régulière, du Chambertin…coupé d’eau glacée !! Cette faible proportion est peut-être une conséquence du divorce du couple impérial intervenu cinq ans avant l’inventaire.

L’importance des vins de Bordeaux répond à une mode récente favorisée par des réseaux influents. L’un des fournisseurs de Malmaison, le marquis de Beaumont, est copropriétaire de Château Latour et par ailleurs allié aux Ségur très implantés dans le Médoc. Or, il est aussi responsable de la Maison de l’Impératrice et de son approvisionnement.

On trouve en outre dans les caves 13,5% de vins espagnols et un volume important de vins du Languedoc Roussillon et de la vallée du Rhône (24,7%). Enfin l’inventaire révèle la présence de vins de provenances diverses (Italie, Grèce, Vallée du Rhin, Hongrie, Afrique du Sud…), d’un peu de Champagne et de 332 bouteilles de Rhum des Antilles, car Joséphine, fidèle à ses origines, aimait faire goûter du punch à ses invités.